Des « achats de conscience » au second tour 

Karim Sy, Fondateur et chef analyste de Jokkolabs

Au Sénégal, l’heure est au dépouillement des votes au terme d’une journée électorale globalement calme. Concernant la régularité du scrutin, des rumeurs persistantes ont circulé concernant des « achats de conscience ». Les camps d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall, les deux finalistes, s’accusent mutuellement. Qu’en est-il réellement?

Pour répondre à la question, nous avons rencontré Karim Sy de Jokkolabs, une organisation qui pilote Samabaat, plateforme de sensibilisation et de mobilisation citoyenne regroupant une quinzaine d’organisations de la société civile pour superviser le processus électoral.

Les Observateurs : Tout d’abord qu’est-ce qu’un achat de conscience ?

Karim Sy : Un achat de conscience consiste à proposer de l’argent à un électeur pour acheter son vote. On a noté beaucoup de cas d’achat de conscience.  Dans certains cas, on a proposé de l’argent pour reprendre la carte électorale d’un votant ou pour qu’il vote pour un autre candidat.

Quel est l’ordre de grandeur de ces achats de conscience, est-ce que c’est suffisamment significatif  pour influencer les résultats du vote, si oui en faveur de quel candidat ?

Karim Sy : Les cas qui sont rapportés concernent principalement la coalition Fall de Maitre Abdoualye Wade [le camp Wade a publié un communiqué par lequel il dément formellement avoir procédé à des achats de conscience]. C’est suffisamment significatif pour être anecdotique, mais pas pour influencer le scrutin peut-être. Durant le premier tour, ce n’était pas un phénomène clairement ressorti. Cette fois c’est le cas. Beaucoup d’observateurs sur le terrain l’ont noté avec des montants parfois assez élevés.

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